Marathon de Paris 2018 : J’avais dit plus jamais !

j’aime bien faire mes récits de course à chaud, quand je me souviens encore bien de ce que j’ai vécu. Avec le temps, on a tendance à oublier la mauvais pour garder le bon. Non, dans un marathon il n’y a évidemment pas que mauvais, mais on passe par tellement de choses différentes, je ne voudrais pas que vous manquiez un morceau de mes folles aventures. On est parti ? Allez, Marathon de Paris 2018, nous voilà ! 

Avant course : la préparation

La préparation est probablement l’étape la plus difficile d’un marathon, enfin, ça l’est pour moi.

Oui je sais calme-toi “entraînement difficile, courte facile” bla bla bla. Alors déjà non, faux, mauvais.

Entraînement difficile, course difficile aussi. C’est un marathon, pas la marche nordique de mamie à Enguisheim. On se détend ! Le prochain qui me dit : oui mais tu l’avais déjà fait c’est facile. Je lui fais bouffer ma coquille !

(Pour ceux qui arrivent, j’suis un poussin, donc j’ai une coquille, cherchez-pas.)

La préparation d’un marathon, c’est 8 à 12 semaines où l’on va chercher de plus en plus long, avec des blocs de distance ou de temps à allure ciblée, en plus du fractionné et de l’endurance fondamentale.

On prépare le corps à ce qu’il va endurer le jour J, un effort très important.

Un marathon n’est pas anodin.

Je sais qu’actuellement, avec Strava, Facebook, Instagram etc.. on voit des marathoniens partout qui éclatent des records, seulement restons lucides 2 secondes, ce n’est pas rien.

42,195 km, faut déjà se les bouffer.

Donc pour moi, 10 semaines de prépa, sous le regard inquisiteur de Bambi, à qui j’ai demandé de surveiller ma torture pour la première fois (je l’ai insulté à chaque séance, n’empêche que ça paie).

J’ai parfois fini agréablement des courses sans la moindre préparation, juste avec le fond de ce que je faisais à l’année, et pour “finir”, c’est possible.

Quand vous cherchez à améliorer votre temps, c’est moins probable hein…

A moins que vraiment, vous ayez un pouvoir divin le matin de la course, oui, ça arrive…

Préparation difficile pour moi, avec les aléas de la vie, mais tenue jusqu’au bout, et sans déroger !

Puis, vint le jour J ! Le fameux…

Avant course : la ligne de départ

Ça faisait une semaine que je me couchais à 21h maximum pour me lever à 5h, j’avais un peu l’horaire dans les pattes. La veille au soir, au lit à 21h, réveillé… 3H30 comme un mickey. Enfin comme un poussin quoi…

Plus moyen de dormir, le temps va être long.

Sur IG ou Facebook : des marathoniens insomniaques, des fêtards bourrés !

Petit déjeuner à 5h du matin (j’ai du mal à courir l’estomac plein)

Café, hydratation, race pack, c’est parti, on y va hein.

Le métro rempli de dossards, comme à chaque fois à Paris.

Envie de voir personne ce matin là, pas de copains, je suis la tête dans le guidon, concentré sur toutes ces douleurs fantômes qui apparaissent et tout et tout.

J’arrive volontairement 1h avant dans mon sas, je me place devant, bon, va falloir s’occuper.

Là vient la petite voix de Tevy : “Avant le départ, tu fais de l’auto-hypnose, et tu visualises !”

Comme un con sous mon poncho vert, je m’assois par terre et je commence ma séance d’hypnose en plein sas.

Aucun problème à déconnecter complètement du moment présent, j’ai l’impression d’avoir fait la sieste 2h.

J’suis prêt baybay, on y va, c’est le marathon de Paris 2018, j’suis là pour me venger de celui de 2016, j’vais tout casssseeerrrrrr.

(Mais j’ai quand même failli pleurer quand on a passé la ligne hein… Poussin fragile quand même, mais chut, le dites pas.)

Le Marathon de Paris 2018 vu par un poussin

Km0 : Champs-Elysées, musique, ambiance, partir trop vite, s’envoler, la vie est belle, y’a un petit soleil sympa, tout va bien.

Km1,5 : Balayer 2 personnes sans faire exprès pour check Mathou, c’est fait. Oups…

Km2,5 : ehh, ce petit soleil il tape bien sur la gueule quand même, heureusement que j’ai mis de la crème moi…

Km5 : Oh un ravito. Cool de l’eau. Rahhh merde poussez-vous laaaaaa, vous avez pas mis votre main clignotant pour virer à gauche.

Non, le poussin sur ravito n’est pas civilisé.

Km6 à 10 : Mhmmm, quelle est cette étrange sensation entre l’adducteur et le psoas…

Mhmmmm ça pue du cul tout ça.

Km10 : Allezzzzz, plus que… nan ta gueule mymy. Pense pas comme ça, ferme bien ta gueule et cours.

Km12 : Cette année, j’me suis pas encore arrêté pour faire pipi hihi.

Km15 : Allez plus que 27km ! C’est 2h30 de course, ça je sais faire ! Ça fait 1 mois que j’fais plus que ça, j’peux le faire ! En plus j’suis hyper large sur mon temps. Ne pas exploser comme un pop corn. Ne pas exploser comme un pop corn. Ne pas exploser comme un pop corn. Ne pas exploser comme un pop corn. Ne pas exploser comme un pop corn.

Km20 : Oh une tête connue, coucou Mathilde !

Km21,1 : Ok, le semi c’est fait, je le passe 3 minutes plus tôt que prévu, j’ai un peu de marge si ça va pas à la fin, j’suis content. Mais putain ça tire correctement dans les adducteurs là, c’est pas cooooolllll. Allez viens on met de l’eau dessus, ça va rafraichir.

Km24 à 27 etc… : Les quais. Les montées, descentes, pas de fucking ligne verte à suivre, la chaleur, les passages étroits. Nan clairement, j’me rappelle d’il y a 2 ans, j’aime pas trop, bof. Viens on fait plus ça.

Le tunnel des quais : pas de commentaire désagréable ici, merci.

Km30 : You breeeakkkk the wallllll. Ouaaaiiiiiiii, et j’ai même pas marché, j’suis trop fort.

Bon, maintenant y’a plus de copains pendant 4km. C’est rien 4 km, je sais faire ça, putain c’est long 4km..Pense à des trucs allez, fais-toi des blagues, mate les gens. Oh tiens, il a l’air plus mal que moi lui haha. Le pauvre, allez tape lui dans le dos, courage !

Km32 : Euuhh… On m’avait pas dit que c’était du trail ! Pourquoi ça monte comme ça là ? C’est une blague ? Y’a une caméra cachée ? C’est pour video gag poussin ?

Balek je marche. J’suis pas venu ici pour souffrir ok !!

Ouuhhh non, pas marcher, les muscles tetanisent, ouhhh non pas marcher, idée pourrie, cours mymy cours !

Km34,5
: arrivée de bambi qui voit à ma tête que j’suis pas content mais que j’vais pas lâcher !

Bon, en tant normal tu mates son cul et tu suis, mais en vrai moi je fixais la ligne verte. Je REFUSE de faire 1 mètre de plus que prévu. hihi.

Heureusement qu’elle est là, ça pique sévère à ce stade.

Plus moyen de manger depuis le km25 (nausées), plus moyen de boire depuis le km32-33, ou très difficilement.

Ça va se finir au mental cette fois ! (Comme si parfois, c’était pas le cas haha).

Km37 : Les 5km les plus longs de toute mon existence restent à faire, mais j’suis cap.

Je commence à doubler beaucoup de gens.

Finalement, même si vraiment dans le dur, la stratégie de la régularité commence à payer. J’ai envie de décéder de chaque muscle, mais j’peux y arriver, j’vais tenir.

J’vais perdre quelques secondes de moyenne mais je vais tenir.

Km38 à 41 : 2 moments de marche rapide pour boire, plus possible autrement, ça reste acceptable de mon point de vue, basé sur la douleur haha.

Km41 : bambi qui m’interpelle : allez, on s’arrête plus maintenant ! Tu y vas, tu finis !

Km42, arrivée de Stephane, je vois la ligne verte. (et la lumière blanche…)

Je tente l’équivalent d’un sprint final qui me fait gagner AU MOINS 3 secondes par km…

La ligne est passée. C’est fait, j’suis marathonien encore putain.

En vrai, j’ai presque les larmes aux yeux en vous l’écrivant.

Jamais de toute mon existence, je n’aurais pensé être capable de faire ça.

Le chrono officielle tombe, 3h52’03” – 17 minutes de mieux qu’à Colmar en 2016.

J’ai fait le boulot, elle est ou ma clope ?!

L’Après course

Sorti tant bien que mal du couloir de la mort qu’est l’après ligne d’arrivée à Paris, au revoir et merci à mon lièvre exceptionnel, et tentative de retour à la maison.

La petite hypo / attaque de panique dans le métro, contre coup de la course, m’oblige à faire ça en deux fois, mais j’arrive une fois de plus vivant en haut de mes 4 étages.

Adieu monde cruel, venez me chercher demain si j’suis pas ressorti de la douche.

Je ne ferai pas de paragraphe sur l’organisation de la course, je ne prétends pas savoir ce que c’est d’organiser un marathon pour 50 000 personnes.

Je ne parlerai pas du parcours, je ne suis pas un athlète avec assez de vécu pour le comparer à quoi que ce soit, ceci n’est que MON récit de course, et j’ai pris du plaisir à vous l’écrire, comme j’en ai pris à courir ce marathon de Paris.

Chaque année, je jure que plus jamais, et je suis toujours là pourtant…

Bravo à tous ceux et celles qui ont fini ce marathon, peu importe le temps, vous avez couru 42,195km, n’oubliez pas que le messager est mort dans la mythologie, vous pas.

Vous êtes marathonien(ne)s.

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PS : Vous pouvez aussi télécharger nos 2 guides

– Le renforcement musculaire pour les débutants
– Courir ses 5 premiers km quand on part vraiment de nulle part.

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