Halte à la procrastination : 5 astuces pour lever vos fesses du canapé cet hiver.

Nan mais faites pas les malins, je vous vois ! Parce que jusqu’ici, c’était facile d’enfiler son legging Galaxy  et d’aller suer au Buttes Chaumont ! L’équipement tout neuf qui claque, l’endorphine, le soleil, l’attrait de la nouveauté, ce délicat vent d’automne qui vous chatouillait les fesses, et l’atmosphère de la rentrée, avec son cortège de résolutions… En matière de motivation, vous aviez le menu Best-Of…

Puis les semaines ont passé, vous avez perdu (ou pas…) vos trois kilos, les jours ont raccourcis, le froid a envahi vos rues, le temps est pourave, votre boss vous maltraite, votre meuf cuisine des tartiflettes, et vous avez beau arpenter tout Go Sport, toutes les tenues de running d’hiver vous font ressembler à un sac de chips en promotion.

Il est loin l’enthousiasme de cet été, quand vous courriez sur la plage en trikini léopard et baskets pronatrices. Heureusement, je vous ai concocté une liste de premier secours à garder sur vous et à relire les jours ou vous aurez les miches trop lourdes…

Bien-sûr, la procrastination est un sujet infiniment plus délicat qui mériterait un traitement vraiment complet. Ce que je vous propose là, c’est un kit d’urgence à appliquer au moment même où vous êtes tentés de laisser votre flemme vous assommer.

Note : cette liste est aussi efficace pour remplir votre feuille d’impôt, prendre le métro pour se rendre à l’autre bout de la ville à 22h30, et la rédaction de cet article alors que putain, à l’heure qu’il est, je devrais être sous un plaid peinarde devant cauchemar en cuisine…

1-Ne pas réfléchir, et agir :

Quand je me lève le matin, je ne me laisse que 25 minutes entre le moment où j’ai ouvert les yeux, et celui ou je suis en bas de chez moi en total-spandex. Pourquoi 25 ? Parce que c’est pile poil le temps nécessaire pour sortir de mon lit, faire pipi, avaler un café, attacher mes cheveux, enfiler un pull, consulter mon emploi du temps, attendre mon ascenseur, prendre finalement l’escalier et sortir de mon immeuble. Et je sais que la moindre minute supplémentaire sera l’occasion de cogiter et de démarrer une fourbe négociation avec moi-même et d’invoquer de basses excuses pour ne PAS aller courir. Je vais commencer à me dire qu’il fait froid, que c’est un temps à chopper une bricole, que j’ai pas forcément le temps, qu’il y a pas de mal à sécher le sport une fois ou deux, et que bon, de toutes les façons, à moins de vacances surprises aux Bahamas, je n’aurais pas l’occasion de montrer mon gras avant au moins six mois…

En tant que repentie de la procrastination, je puis en témoigner : le plus dur, c’est le premier pas. Celui où l’on se demande ce qui nous a pris. Ensuite, le plaisir, et la concentration font le reste. Enfin arrive la fierté…

2-Se projeter au moment où vos efforts auront payés :

Pour cela il faut faire confiance en la gratification différée.

Imaginons que vous avez très, très envie d’un corps de rêve pour vous la péter sur les plages normandes quand vous retournerez chez vos parents en Aout prochain. Et comme je le dis toujours : « Un corps de bombe cet été se prépare avant Janvier ». Prenez cinq minutes et imaginez votre fierté au moment de tomber le Paréo devant Julien, votre amour de lycée retrouvé sur Facebook (ouais, celui qui vous a plaqué à la soirée de Chloé juste avant les vacances, p’tit con…). Imaginez ce moment jouissif ou il vous verra plus belle que jamais. La bave qui dégoulinera le long de son menton, recouvert d’une barbe post-pubère… Imaginez-vous, courir au ralenti jusqu’à l’eau, vos jambes galbées vous portant gracieusement… Hum, pardon je m’égare.

Si cette image vous inspire autant qu’à moi, gardez-là en mémoire et évoquez-là à chaque fois que vous aurez un petit coup de mou ou que vous vous demanderez plus de ce que vous foutez dans le froid en jogging à 21h30…

 

3-Ou à l’inverse, mesurer les conséquences désagréables de notre flemme sur le long terme :

Tête à tête avec mon banquier et pour une fois, c’est lui qui regarde ses pieds. Je lui demande la liste des frais bancaires débités sur mon compte tout au long de l’année. Je commence à voir rouge tandis que mes doigts fébriles tapotaient sur la calculette de mon conseiller financier. Je finis par exploser :

-247 euros ! Alors que ça fait bien six mois que je n’ai pas été à découvert ! 

-Alors… voyons ça… Ah, mais si l’on regarde bien, vous avez 98 euros de frais de retraits sur distributeurs concurrents. Ce qui signifie que qu’au cours de l’année, vous avez retiré 98 fois de l’argent dans une tirette qui ne nous appartient pas…   Il me semble que pourtant, vous habitez à peine plus loin dans la rue, non ?

Silence gêné. J’habite effectivement à quelques mètres. Et le reste du temps, ma banque est P.A.R.T.O.U.T. … Mais un autre distributeur est encore plus près de ma porte…

Mea Culpa. Pour le coup, je n’avais aucune excuse, et les boules :98 euros, c’est un aller-retour Paris-Londres en Eurostar + un menu sandwich et boisson du wagon-bar. Dire que j’ai passé l’année entière à pleurnicher pour des vacances…

La flemme coute cher. C’est valable pour :

-Les pénalités de retards quand j’oublie de payer un truc,

-La deuxième pizza que je pourrais avoir offerte si je tapais les 15 minutes de marche qui me séparent du Pizza Hut,

-L’agacement de mon rédacteur en chef quand je ne rends pas un papier dans les temps…

-Ma mine déconfite quand je reviens de vacances, que j’ai bien mangé, pas couru un seul kilomètre et que mes cuisses bloblottent.

Non, vraiment, la flemme est un mauvais calcul. Demandez à mon jean.

 

4-Automatiser ses efforts:

Dans la vie, il y a deux types d’efforts :

-Les grands efforts ponctuels : un Marathon, un gros rapport de 100 pages demandé à la dernière minute, annoncer une rupture à son futur-ex, une grosse rando…

-Les petits efforts quotidiens ou presque. Et pour les accomplir sans trop de difficultés, une astuce terriblement efficace consiste à les rendre automatiques par le biais de points d’ancrages et de la force de l’habitude. J’explique le phénomène plus en profondeur ici.

 

5- Décomposer l’effort par tâches:

Certains projets nous semblent trop grands pour nous et la perspective de certains chantiers nous essoufflent rien que d’y penser : Ecrire 500 pages, mettre 20 000 euros de côté pour investir dans la pierre, monter sa propre boite, préparer un mariage….

Mais la majorité des grandes entreprises comme celles-ci dont divisibles en une multitude de petites étapes à accomplir au fur et à mesure.

Un livre de 500 pages, c’est plusieurs chapitres, composés  eux-mêmes de plusieurs sous-parties, composées elles-mêmes de pleins de paragraphes. Et un paragraphe n’est pas bien effrayant en soi. Vous pouvez établir un calendrier avec un certain nombre de paragraphes à pondre par jour, jusqu’au jour où vous serez venus à bout de votre esquisse.

Quel que soit votre projet, s’il est gros, faites la liste de toutes les tâches nécessaire à sa réalisation. Accomplissez-les unes par une, et cochez les sur votre liste. Vous pourrez ainsi suivre l’avancée de votre projet et la bonne nouvelle, c’est que cela arrive toujours beaucoup plus vite que l’on ne le croit…

 

… Allez, on rassemble son courage, on respire un grand coup, et on enfile ce putain de teeshirt technique ! Vous vous remercierez plus tard…

 

 

 

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