(Compte Rendu) : 10km Adidas Paris 2018 – La fournaise

Cette course a une saveur toute particulière pour moi. Les anciens le savent, les nouveaux un peu moins, c’est sur cette course que je me suis élancé la toute première fois officiellement en 2015.

J’avais des kilos en plus, bien plus de cheveux, des choses à me prouver, et j’avais bu des machins géorgiens la veille.

J’me suis dit que ce serait un bon défi à la con pour un demi ptit gros. Et me voici 3 ans après, à vous raconter une nouvelle fois cette course qui me marque tant.. Autrefois les 10km de l’équipe, maintenant, ce sont  les 10km Adidas Paros dont on va parler ensemble ! On y va !

La préparation à la course

Pas de fausse modestie pour faire genre, j’aime pas ça du tout. Pour une fois, je l’avais vraiment bossé ce 10km ! Arrivé à un “certain” niveau (+- en dessous de 50′ au 10km), il n’y a plus de miracle. Si tu ne bosses pas, ça ne passe pas.

Je n’avais pas fait une préparation de 6,8 ou 10 semaines comme il aurait peut-être fallu, mais j’avais bossé correctement 4-5 semaines avant, et j’étais de manière générale assez en forme, avec assez de plomb dans la tête pour avancer.

Globalement, si t’as pas les jambes, mieux vaut avoir la tête. Pour une fois, j’avais les deux ! J’avais préparé ce 10km et je venais chercher un temps, sans trop m’en cacher.

Dernier RP officiel 45 et quelques…  aux Courses de Strasbourg. 

Avant la course

Il faut savoir que cette année, le 10km de l’équipe devenait le 10km Adidas Paris et par la même occasion, la finale de l’Adidas runners League (où je sais pas quoi, ça change de nom chaque année de toute façon).

Des milliers de coureurs Adidas, beaucoup de copains, des concours de qui fera pipi le plus loin, mais aussi de grands champions et championnes présents sur les lieux. Ça promet.

Normalement avant une course, je fais l’autiste. Je reste dans ma bulle chez moi, je viens à la dernière minute, je reste caché dans le SAS et je cours, puis j’avise selon l’humeur. C’est comme ça que je me mets dans ma course.

Pour une fois, je me mettrai un GROS coup de pied au cul pour rejoindre les copains et profiter de l’avant course.

Pas toujours facile de sortir de ces habitudes, surtout celles qui sont ancrées…

SAS47′ – je suis censé revenir d’Annecy que je n’ai finalement pas fait. Il faudra remonter du monde. YOLO.

La Course : s’élancer sur un 10km !

Avant de vous raconter tous les détails croustillants, je vous ai fait une petite vidéo sur le sujet !

KM0 : Pas plus de stress que ça, j’suis prêt j’crois, on va essayer d’accrocher un temps comme sub45 (moins de 45 minutes).

Ah tiens j’ai envie de faire pipi.

Putain ça part dans 1 minute ils me laisseront pas sortir.

J’peux pas pisser au milieu des gens là… c’est pas un marathon ça passera pas.

Bon allez j’me retiens, c’est rapide un 10km, ça ira.

Le départ, l’arche en carton de 20cm, les balises pas claires, bon ok, yolo on y va.

Un dernier coucou sur les premiers mètres à Quentin, Sonaly et Aurore, et je m’enfuis devant pour remonter un peu de monde avant de maintenir l’allure prévue.

Km1 : la montre qui bip comme si j’avais loupé le réveil où que j’avais tué son père.

3’58- 4’02 – 4’06 : c’est bon je relantiiissss calme-toi làààààà.

Le km passe finalement en 4’06 ce qui est BEAUCOUP trop rapide.

Km2 à 4 : Je me prends à rêver, je me cale sur 4’15/20 de moyenne générale et me dis que ça tiendra le temps que ça tiendra.

Un 10km, si t’es pas au bord de crever, et que tu ne lièvres pas, autant rester chez toi, c’est pas rigolo sinon.

Toi j’sais pas, mais moi je suis clairement venu ici pour souffrir ok ?!

Km5 : ça commence à piquer un peu. Les pavés, les quais, le soleil, la chaleur suffocante, tropicale.

La moitié de la bouteille d’eau passe sur la tête, et heureusement d’ailleurs, vu la gueule de certains coureurs autour.

Moi qui suis plutôt un poussin d’hiver, j’vous raconte pas le délire…

4 jours après, j’suis toujours brûlé des épaules.

Km7 : Bon ok ça devient vraiment dur là. Enfin comme sur chaque 10km à fond, mais bon pour une fois j’ai dansé et chanté en courant jusqu’au 5, j’peux bien m’accrocher 5 petits km.

C’est moins de 30′, ça je sais faire.

La douleur est temporaire, l’abandon est définitif.

Km8,5 : Agathe et le verre d’eau salvateur.

Le verre d’eau qui a sauvé de l’hyperthermie probable.

Km9 : Allez, plus qu’un. tu accélères pour le sprint final maintenant !

Km9,7 : Jambes en coton qui commencent à trembler, frissons dans la nuque et dans les doigts, ligne d’arrivée en ligne de mire. Tiens, ça sent l’évanouissement cette histoire !

Ah non hein. T’es pas venue ici pour tomber avant, tu serras les dents, les fesses, tu croises les doigts de pieds, mais interdiction de faire une syncope avant l’arche d’arrivée !

Km10,1 : Passage de l’arche, le RP tombe, 43’53” – les bénévoles me regardent dubitatifs pour savoir si ils appellent l’ambulance ou pas.

ÇA VAAAAAAAA – laissez-moi 5 minutes et on avise.

Une bouteille d’eau plus tard, ça va mieux.

L’après course — L’after-run

Première bière de festoyage, pas la dernière, c’est l’after run maintenant.

Ça, je n’ai pas le droit de vous en parler ici… Ça devrait plutôt aller sur le Tag Parfait, pour parler de la sociologie du runner bourré.

Capitaine, ça donne une idée ? 

Bref…

 

Un immense bravo à tous ceux qui se sont élancés sur cette course vraiment pas facile, par le parcours comme la chaleur le jour J.

Partir à 10h c’est pas évident par ce temps.

Côté orga : Comme souvent sur ces gros événements.

L’organisation globale c’était un peu n’importe quoi, et les bénévoles ont été extras et ont fait de leur mieux.

Cela dit je ne prétends pas savoir ce que c’est, d’organiser un événement pour 20 000 personnes à Paris.

Moi quand on est 15 chez moi je galère.

Bravo Bambi pour sa course rondement menée, à toute la team AR Republique pour les beaux temps, et la 3eme place.

Rendez-vous l’année prochaine sur la même course, pour encore un peu plus d’émotion pour moi…

Chaque année, c’est comme un level qui passe, comme une barrière qui pète, un peu meilleur, un peu plus heureux, et cela n’a rien à voir avec le chrono.

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