Comment changer de mode de vie sans perdre (l’intégralité de) ses amis ?

Instant confession : Il y a quelques années, j’avais un chouette groupe d’amis. J’étais un peu artiste, un peu panier percé, assez boulotte, plutôt marrante, et mes potes m’associaient systématiquement à la Pizza (qui constituaient 75% de mon alimentation).

Et, je l’ai compris plus tard, mais mon manque de volonté était la cause 80% de mes problèmes dans la vie. Ce constat fut le point de départ de mon évolution. J’en avais marre d’être ma propre victime… Alors j’ai modifié ma façon de manger, et découvert le running. Et ce changement de mode de vie  m’a apporté et m’apporte encore aujourd’hui, beaucoup de kiff (une santé de fer, un corps qui me plait, une plus grande énergie eutécé, eutécé).

Mais, j’avais beau gagner en bonassittude, mon cercle social se réduisait de façon proportionnelle à la circonférence  de mes cuisses. Jusqu’au jour « du drame » ou j’ai découvert, via des photos postés sur les réseaux sociaux que mes amis sortaient désormais sans moi. La sentence était sans appel :

-T’es devenue chiante, obsédée par ton poids et ton alimentation, on en peut plus. J’ai pas signé pour ça… m’a-t-on dit.

Je me suis tout de suite remise en question. A juste titre. Parce que oui, je passais énormément de temps à  penser à ce que je mangeais, buvais, et courrais. Alors peut-être bien que mon petit nombril était devenu mon principal sujet de conversation…

Mais c’est pas le propre des amis, ça ? De se réjouir pour nous et de nous supporter quand on passe en boucle sur un sujet ?  Et puis entre nous : j’ai TOUJOURS été coquette ascendant connasse ! Pourquoi est-ce tout à coup devenu un problème ? Et si je n’étais pas l’unique racine du problème ?…

Cette période de transition m’a apporté quelques leçons sur la nature humaine et m’a appris à mieux gérer celles qui ont suivi (parce que nous sommes tous et toutes en perpétuel mouvement)

  • Partez du principe que oui : vous allez perdre des potes

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La vie sociale est un théâtre et  nous y avons chacun notre rôle à jouer, et si jusqu’ici, vous teniez celui du « glandeur-ascendant-paumé-Bière-Burger-Bédo », vous serez confrontés à des réactions agressives le jour où vous déciderez d’en changer. Pire, attendez-vous à ce que ces dites réactions proviennent de personnes auxquels vous ne vous attendiez pas du tout. Voire, pire encore, de celles et ceux qui se plaçaient systématiquement en donneurs de leçon.

Petit cours de logique : Si un ami vous répète à longueur d’année qu’il vous faut arrêter la fumette et la vodka, pourquoi vous tourne-t-il le dos quand vous vous décidez à le faire ? Réponse : Parce qu’il n’avait aucun intérêt à vous voir suivre ses conseils, et tablait sur votre manque de volonté pour que le statu quo soit maintenu (à juste titre, c’est bien la première fois qu’il  vous aura vu refuser un pilon…)

Vous êtes déboussolés ?  C’est normal : vous vous faites taxer de « paumé(e)  » quand vous avez de mauvaises habitudes et de « chiant(e) » quand vous en prenez de bonnes, alors QUAND aurez-vous la paix ?

La réponse se situe entre « Quand votre entourage aura intégré votre nouvelle image  avec ses mises-à-jours » et « jamais ». Et là mes chéris, comme  dirait Kevin : « Bon chance ». . On peut vite se sentir désavoué, voir trahi.

C’est valable pour le sucre, le sel, la viande, les splifs, la glande, le whisky, le coca et le whisky-coca. Modifier des habitudes, même celles jugées « inoffensives » peuvent bouleverser l’ordre établi. Et les personnes les plus dérangées ne sont jamais celles que l’on croit.

Un dicton dit « Quand tu pointes quelqu’un du doigt, tes quatre autres doigts sont pointés vers toi ». Traduction : Si votre démarche dérange autour de vous, c’est aussi parce qu’elle renvoie les autres à des conflits internes. Mais ça, c’est une autre bouillabaisse.

Mais retenez bien ceci : Les amis qui vous perdrez sont principalement celles-et-ceux qui, au fond, se réjouissaient de votre désarroi.  Et ceux qui vous renvoyaient à vos dysfonctionnements le faisaient surtout pour asseoir leur propre vertu.

Pour résumer : PERSONNE N’A LE DROIT DE COMMENTER VOS CHOIX. N’abandonnez pas vos efforts pour une poignée de connards qui préfèrent vous voir malheureux.  Entre votre bien-être et l’approbation de ceux qui ne vous veulent pas du bien, le choix doit être vite fait. Et si votre entourage change, il changera en mieux, au profit de nouveaux protagonistes ravis de vous voir épanouis.

  • Gare au « point d’insupportabilité »

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Quand j’ai commencé à récolter les premiers résultats de mes efforts,  toute à ma joie de voir ma santé s’améliorer et mes kilos s’envoler, j’ai partagé mes découvertes et mes résultats avec TOUT. LE. MONDE. TOUS. LES.JOURS.  TOUT. LE. TEMPS. Je suis sans le savoir tombée dans un piège très classique : J’avais fait une découverte et étais désormais persuadée de détenir LA vérité. J’ai alors joué les prophètes en carton et me suis mise en tête de répandre la bonne parole autour de moi. A commencer par mes amis Facebook et mon répertoire téléphonique.  Et, sans surprise, ce prosélytisme a donné des envies de meurtres à mon entourage. Même ceux qui aujourd’hui sont encore là et me veulent effectivement du  bien.

Prendre de nouvelles habitudes, qu’il s’agisse d’un nouveau sport, ou d’une nouvelle façon de manger, demande dans les premiers temps, beaucoup d’attention et de volonté. Vous allez donc, et c’est cohérent, devoir, pendant un certain temps, vous concentrer et maintenir vos efforts sur une longue durée, jusqu’à ce que ces habitudes deviennent votre nouvelle norme.

Et pour maintenir vos efforts, vous allez rebondir sur vos premières victoires : Les premiers kilos perdu, vos nouveaux biceps, la disparition de votre acné, et vous aurez, c’est toujours aussi cohérent, envie de partager ces bonne nouvelles avec vos proches.

Après tout, c’est pour tous ces bénéfices que vous faites autant d’efforts.   Mais c’est aussi normal de la part de vos potes de vouloir parler d’autre chose que de vos nouvelles fesses ou de la consistance de votre caca d’hier soir, rapport à un surcroît d’apport en fibre. Pour limiter les dégâts, trois mesures simples devraient limiter la casse :

-Pas d’étalage sur les réseaux sociaux. Vous n’êtes ni une célébrité, ni une Instababe. Tous ces efforts, vous les faites avant tout pour VOUS.

-On apprend à garder certaines informations pour soi. Idéalement, on attend que les autres posent des questions avant d’y répondre.

-Conseil perso : tenez un journal. Quand j’ai pas envie de flooder mes potes avec une obsession (qu’elle s’appelle « semi-marathon » ou « Jérôme »), je m’étale dans mon journal.  Et on s’en fout, parce que, par définition, un journal intime est mal écrit, honteux et indigeste (« BlablaJéromeblablafouléeblablatroiskilosblablablajéroooooooomeblablarecorddetempsblablarencardblabapaslepremiersoirblablafoulée »).

 

  • Ce n’est pas parce que les gens exposent leurs problèmes qu’ils veulent connaitre et appliquer les solutions…

Vous avez idée du nombre de fois par jour ou je vois mes potes se tâter le gras des cuisses en soupirant ? Pleins.  Ou le nombre de mes potes qui se plaignent du prix de la clope, ou de leurs poumons qui les lâchent dans les escaliers, très exactement entre le deuxième et le troisième étage ? Sauf que. Ce n’est que récemment que j’ai fait une découverte incroyable (tenez-vous bien, z’allez voir c’est dingue) : Les gens qui racontent leurs soucis ne le font  PAS forcément pour trouver une solution ! Par conséquent il est inutile de donner à tout bout de champs « votre secret ».

Sans doute le faites-vous avec les meilleures intentions du monde. Et – c’est mon point de vue- sur le principe vous êtes dans le vrai. Si l’on expose un problème en toute logique, c’est que l’on souhaite le résoudre. Mais résoudre ses problèmes implique d’agir concrètement et pour beaucoup de monde, cette étape peut paraitre angoissante…

Donc avant de recommander  telle technique, tel médecin, ou tel légumineuse-archi-hype-et-archi-efficace, assurez-vous que celui ou celle qui vous confie ses bobos a vraiment envie d’en venir à bout.

  • Si vous voulez en parler, faites-le dans de bonnes conditions.

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Par exemple avec des gens qui partagent vos nouveaux centres d’intérêts. Kev, Mymy et moi sommes des passionnés de healthy lifestyle : Ensemble nous parlons  « kilomètres », « fréquence cardiaque », « baies de Goji » ou « méditation » à longueur de journée (mais pas  encore de « consistance de caca ».  Ça, on n’est pas prêts), nous pouvons en discuter quotidiennement et s’auto-souler en chœur, sans plomber les soirées avec nos autres potes. Nous sommes unis par les liens sacrés du healthy et nous restons fréquentables aux yeux du reste du  monde.  Et comme finalement, on n’est pas les trois seuls péquenauds sur terre que ça intéresse, bah on a fait un blog que l’on peut tartiner à volonté pour ceux que ça interpelle et foutre la paix au reste du monde !

 

  • Vous êtes obsédés ? ça va passer…

Les premiers mois de ma nouvelle vie de végétarienne, j’y pensais tous les jours. Je mangeais végé (logique), je pensais végé, je dormais végé, et j’ai même du péter végé quelques fois.  Ça a duré le temps d’intégrer mes nouvelles habitudes au quotidien.  Aujourd’hui mes convictions n’ont pas changés, elles font définitivement parti de moi, mais je n’y pense plus (sauf quand je tombe sur des vidéos d’abattoirs. Ou quand Jeremy me traite de Hippie) (Connard).

 

Et c’est ça qui est merveilleux avec  un nouveau mode de vie. C’est qu’un jour, il devient assez ancré et confortable pour en tirer tous les bénéfices, sans plomber ses proches avec une humeur pourrie ou des litanies infinies…. Moi, j’appelle ça « la Classe ».

2 Commentaires

  1. Céline
    23 octobre 2015 / 11 h 39 min

    Bonjour Lula, je t’ai connu par le biais de LR et j’avoue que cet article me fait plaisir. L’amitié c’est souvent plus compliquée que les histoires de coeur qu’on peut diluer dans le cul. Et, même si je me réjouis pour toi de ta nouvelle vie, parfois, c’est vrai qu’il faut la jouer low profile, parce que les gens autour aiment pas trop qu’on leur mettent le nez dans leur propre caca. Et c’est pourquoi, je vais continuer de lire ce super nouveau blog, même si je suis totalement réfractaire à la course (mais un peu moins à la gym Suédoise et à la méditation). Bonne continuation.

    • Lula Morales
      23 octobre 2015 / 15 h 22 min

      Bonjour 🙂
      Je suis heureuse de savoir que ce blog plait aussi à celles et à ceux qui ne sont pas fans de course pied! Concernant le « low pofile » je suis absolument d’accord avec toi. Même si c’est un travail constant de faire attention à ne pas trop « étaler » sa joie quand on va bien.
      Le tout, je pense, c’est de trouver l’équilibre entre son propre plaisir (sa propre exaltation) et l’envie de « protéger » ceux que on aime. Il ne faut pas non plus trop se brider pour des gens qui ne nous veulent pas du bien, ceux-la, il faut s’en foutre !

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